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L’ensemble Taybah. Un Samaâ la manière des réunions spirituelles.

Deuxième festival de la culture soufie de fès : La tolérance passe par l’art

maroc-hebdo.press.ma | Publié le 25 avril 2008  

Beaucoup de moments forts au 2ème Festival de la Culture soufie. Des rythmes du flamenco aux chants spirituels d’Oum Kaltoum.

Fès renoue avec les festivités. La deuxième édition de son Festival de la culture soufie, 17 au 23 avril 2008, n’a pas manqué d’animer la capitale spirituelle par des spectacles hauts en couleur, des conférences instructives et des débats enrichissants. Beaucoup de moments forts ont marqué cette manifestation. Les Fassis retiendront les rythmes du flamenco interprétés avec brio par la star espagnole Curro Piana ou les chants spirituels d’Oum Kaltoum exécutés avec talent par la jeune artiste marocaine Oumnia Abou Amal. Les deux artistes ont confirmé une démarche mystique souvent traduite par la soif d’amour et la joie des retrouvailles, à travers des litanies qui font preuve d’une certaine charge morale mais aussi d’une grande sensibilité. Doté d’une voix exceptionnelle, appartenant à une famille de musiciens, Curro Piana a su donner, lors de son concert, un nouveau sens au flamenco en adaptant des poèmes d’Ibn Arabi, plus connu sous le nom du Cheikh Al-Akbar, un grand maître soufi.

Quant à Oumnia Abou Amal, très sollicitée dans le monde arabe comme en Occident, elle s’est illustrée dans les reprises des grands classiques arabes, notamment d’Asmahan et d’Oum Khalthoum. La prestation du duo de la Marocaine Aïcha Redouane et le Libanais Habib Yammine est aussi mémorable. Les deux ont récité des vocales mystiques sous le signe Amour Divin, passion des poètes. D’origine du Moyen Atlas, Aïcha Redouane a chanté plusieurs styles depuis sa tendre enfance. Sa rencontre avec Habib Yammine, percussionniste et ethnomusicologue, sera déterminante dans sa spécialisation. Avec lui, elle apporte sa contribution à l’art du maqâm par de nouvelles compositions mettant en musique les grands poèmes mystiques.

Une lecture vivante de poèmes mystiques d’Orient et d’Occident a été également donnée au cours de ce festival par l’ensemble marocain Ibn Arabi. Leurs mélodies plaintives du ney (flûte), leurs rythmes amples et profonds du bendir, leurs inflexions des chants ne sont pas sans évoquer les ambiances particulières des Samaa’ Derwiches. Le public a vivement applaudi les confréries marocaine Chadilya et algérienne Alaouiya pour leurs invocations religieuses.

Foqaras

L’ensemble Tayba, qui a offert une très belle représentation lors de la première édition du Festival de la Culture soufie, est revenu, cette année, au grand bonheur des festivaliers. Accompagné d’un cercle de Foqaras, également disciples de la Tarîqa, l’ensemble Taybah a proposé un Samaâ, composé de chants et d’implorations à la manière des réunions spirituelles pratiquées dans leur zaouia en France. Cet ensemble vocal s’articule autour d’un soliste, Junayd Bourret, soutenu par le soliste Ismaïl Bourret et les choeurs Omar Jouineau, Larbi Benmelouka et Zachariya Thibon.

Cette 2ème édition du festival de Fès de la culture soufie a atteint son objectif assigné par son initiateur, Faouzi Skalli, qui est de renouer avec les pratiques soufies, en particulier l’éducation spirituelle aux valeurs de tolérance, de solidarité et de paix à travers des concerts et des conférences quotidiens.


Loubna Bernichi
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